• Julia Sumzina

César Chouraqui: J'ai choisi d'endosser le rôle du musicien

FR: Ce mois-ci, le jeune musicien et acteur français César Chouraqui et Idem Colony a sorti son nouveau single "33" et il a atteint environ 100 000 vues. Nous avons parlé avec César de son parcours musical, de l'influence de la famille (ses parents sont le réalisateur Élie Chouraqui et Clarisse Canteloube, écrivaine, réalisatrice et photographe) et de ses points de vue.



César, je suis heureux de te parler aujourd'hui. Tout d'abord, je voudrais te féliciter pour la sortie du nouveau single.

Comment as-tu commencé à faire de la musique?


En fait, j'ai commencé quand j'avais 13 ans. J'étais fan de Queen et Joy Division. Avec un pote, on s'imaginait dans ma chambre danser et chanter au son de Queen en faisant semblant de jouer des instruments alors qu'on n'en faisait pas.

Un jour, on s'est dit que peut-être, on pourrait le faire nous-mêmes. Et de là, on a décidé d'aller en studio. Un pote nous a rejoints, mon pote avec qui je faisais ça, un pote batteur. Et là est né mon premier groupe qui s'appelait The Crowns, que j'ai eu jusqu'à mes 16-17 ans.


Parlez-nous de la Idem Colony…


Idem Colony, c'est un projet que j'ai monté il y a trois-quatre ans avec un gars qui s'appelle Aghiad Ghanem, qui est un de mes potes. Depuis, il m'a laissé les clés. Depuis, je suis en solo sur le projet. Mais ce projet, en fait, c'est un projet qui nous a réunis après nos 20 ans. Moi, j'ai commencé ma carrière de comédien. Lui était chercheur en sciences sociales et du coup, c'était compliqué de s'accorder sur de la musique. Finalement, par nécessité, on est revenus à la musique.

On a monté ce projet après que j'ai écrit quelques chansons en vacances pour plus ou moins... J'avais des choses à dire. J'avais besoin de m'exprimer. Donc j'ai écrit des chansons. On a monté ce projet et on a créé le nom Idem Colony parce que lui est alaouite. Moi, je suis pas de confession juive, mais de famille juive. Du coup, on a créé ce Idem Colony.

On voulait créer un nom qui... Unificateur, j'ai envie de dire. Tout simplement. Qui, politiquement parlant, veut dire en fait « du même endroit ». Idem Colony : du même endroit, de la même colonie. C'était l'idée qu'on voulait dégager de ça. Et en plus, comme on est fans de Joy Division, comme je te le disais, et du morceau Colony. Ça faisait un petit clin d'oeil.


Quelle musique écoutes-tu? Y a-t-il des musiciens que tu peux qualifier d'iconiques?


Je te parlais de Joy Division, Ian Curtis, Queen, les Beatles, Rolling Stones, Elton John. Il y en a tellement, c'est un peu compliqué. Mais je suis très influencé par la New Wave des années 80-90, notamment.


Ta famille est vraiment créative. Quelle a été la plus grande influence de tes parents?


Alors, ma famille m'a influencé notamment sur deux choses, la première étant le fait que c'était un peu rituel de regarder au moins un film par jour à la maison. Donc, très rapidement, j'ai pu voir énormément de films importants, du septième art, tout simplement. Et la deuxième chose, c'est que comme les deux sont réalisateurs, j'avais besoin de me détacher, à un moment donné à l'adolescence, de ça.

Il n'y avait pas de musicien dans la famille et j'ai choisi d'endosser le rôle du musicien, parce que je suis musicien avant d'être acteur. Et indépendamment de leur vouloir et de leur désir, ils ont fait de moi un musicien. En me détachant d'eux, je voulais devenir ce qu'ils n'étaient pas, parce que la chape de plomb était quand même assez lourde à porter.


Tu es un acteur aussi… Quels sont tes projets récents?


Là, en ce moment, je suis sur un projet qui s'appelle Suprêmes, qui a été présenté au Festival de Cannes. C'est un projet sur la jeunesse du groupe NTM dans les années 90. J'interprète un monsieur qui était le premier manager de NTM, qui s'appelle Franck Chevallier, et qui est devenu par la suite mon manager. Ce qui est assez drôle. On s'est rencontrés après le tournage, on a vachement accroché. On a décidé de travailler ensemble.


Es-tu un amateur de cinéma ? Quels sont tes réalisateurs préférés?


Oui, évidemment, je suis un amateur de cinéma. Moi, j'ai grandi entre des films extrêmement pointus et du mainstream. Donc je suis un fan absolu de George Lucas et Peter Jackson, mais aussi Tarkovski, Bergman. Kubrick, dans un cinéaste qui rallie un petit peu les deux univers. Je suis fan de Ridley Scott avec des films comme Blade Runner. Je suis très science fiction. Mais aussi...

Vraiment, je pourrais pas te dire, il y a tellement de films qui m'ont inspiré et qui m'ont apporté quelque chose. J'ai pas de réalisateur en particulier. Si, je pourrais dire Terrence Malick. Terrence Malick m'a ouvert les yeux sur beaucoup de choses. Mais bon, du Martin Scorsese, plus récemment du Christopher Nolan. Il y en a tellement. Il y a tellement de réalisateurs qui m'ont inspiré.


Paris est la capitale des arts, de la créativité. Peux-tu dire que tu es un parisien typique?


Je sais pas si je suis Parisien, mais en tout cas, j'aime bien aller aux terrasses de café.


Et la mode?


La chose intéressante que je peux dire, c'est que mon dernier single, 33, et mon prochain single, Photobooth, les clips ont été soutenus par Saint Laurent. C'est eux qui ont fait tous les costumes, la majorité des costumes. C'est plus ou moins ça, mon lien avec la mode. Et puis, Saint Laurent m'a habillé pour Cannes. Moi, je suis pas très calé en mode. C'est pas vraiment mon univers.

Mais oui, forcément, j'y suis un minimum sensible puisqu'en ce moment, c'est quand même un art qui rallie beaucoup de monde. Au-delà de ça, ça aide vraiment les artistes musicaux, les artistes du cinéma aussi, à se faire découvrir en les habillant, en les mettant en avant, en les exposant, plus qu'aucune publicité ne peut le faire. Donc oui, je pense que c'est un univers important pour nos genres.


Quels sont tes projets pour le futur prochain?

Pour le futur, normalement, je fais une série anglo-américaine dont je peux pas te parler, dont je peux pas te dire le nom pour l'instant, à la fin de l'été. Et puis, je sors mon album en novembre-décembre. Et peut-être une tournée à Los Angeles de quelques semaines.


Ceci ou cela:


01. Parler ou se taire ? To speak, obviously. Mais ça dépend du moment. En même temps, j'ai besoin de beaucoup de silence pour me régénérer parce que j'ai tendance à un peu trop parler.


02. Sortir ou rester à la maison ? Les deux, encore une fois. C'est comme parler et rester en silence. C'est-à-dire que si je sors pas, je m'ennuie, et je commence à paniquer parce que... C'est normal, j'ai l'âge d'avoir peur de la solitude. Et en même temps, si j'ai pas mes moments seul chez moi, je me sens mal aussi parce que je me sens vidé et drainé des énergies extérieures.


03. Livres ou films ? Film. Je suis plus film, quoique j'arrive à lire au moins un livre tous les trois semaines. Et il y a beaucoup de livres qui m'ont transporté carrément plus que des films. Mais de manière générale, je suis film.


04. Boissons fortes ou softs ? Moi, je suis très bière. Donc plutôt soft.


05. Grande ville ou nature ? Ça, c'est une question un peu délicate parce que je suis quand même un citoyen de la ville, mais en même temps, sans la nature, à mon âge, je pense que je ferais une crise cardiaque. Donc encore une fois, un peu des deux. Dur de faire un choix.


06. Présent ou passé ? Le présent, bien sûr. Le présent. Le passé est intéressant pour bosser, être inspiré, créer. Mais c'est le présent qui compte, c'est les choix qu'on fait maintenant.


07. Blockbusters ou cinéma d'auteur ? Blockbusters ou cinéma d'auteur, ça, je peux pas choisir. Encore une fois, je suis un immense fan de Star Wars et du Seigneur des Anneaux. Et en même temps, quand j'avais 10 ans, j'ai vu Persona de Bergman pour la première fois et je me suis pris une claque.


08. Bonheur ou calme ? Bonne question, ça. C'est intéressant. Je pense que "calmness" c'est le calme, la paix intérieure, c'est important...

Et en même temps, c'est les sensations fortes, c'est les émotions fortes qui nous procurent le plus grand plaisir de la vie. Donc encore une fois, les deux.


Merci beaucoup, César, pour les réponses très intéressantes!

Je te remercie, à bientôt.



***


ENG: This month young French musician and actor César Chouraqui and The Idem Colony has released his new single “33” and it has reached about 100 000 views. We have talked with César about his way in music, the influence of the family (his parents are the film director Élie Chouraqui and Clarisse Canteloube, a writer, director and photographer) and his views.



César, I’m glad to talk to you today. Firstly I’d like to congratulate you with the new single releasing.

How did you start making music?


I actually started when I was 13. I was a fan of Queen and Joy Division. With a friend, we imagined in my room dancing and singing to the songs by Queen while pretending to play instruments when we weren’t doing any.

One day, we said to ourselves that maybe we could do it ourselves. And from there, we decided to go to the studio. A friend joined us, my friend with whom I was doing that and a drummer friend. And there was born my first group called The Crowns, which I had until I was 16-17 years old.


Tell us about The Idem Colony…


Idem Colony, it's a project that I started three to four years ago with a guy called Aghiad Ghanem, who is a friend of mine. He has since left me the keys. Since then, I have been solo on the project. But this project, in fact, is a project that brought us together. Me, I started my career as an actor. He was a social science researcher and suddenly it was complicated to agree on music. Finally, out of necessity, we came back to music.


We started this project after I wrote a few songs on vacation... I had things to say. I needed to express myself. So I wrote songs. We set up this project and we created the name Idem Colony because it is Alaouite. I am not of Jewish faith, but of Jewish family. So, we created this Idem Colony.

We wanted to create a name that... Unifying, I want to say. Quite simply. Which, politically speaking, actually means "from the same place". Same Colony: from the same place, from the same colony. It was the idea we wanted to get out of that. And besides, as we are fans of Joy Division, as I told you, and of the song Colony. It was a little wink to them.


What music do you listen to? Are there the musicians you can call iconic?


I was telling you about Joy Division, also Ian Curtis, Queen, The Beatles, Rolling Stones, Elton John. There are so many, it's a bit complicated. But I'm very influenced by the New Wave of the 80s and 90s, in particular.


Your family is really creative. What was the biggest influence from you parents?


So, my family influenced me in particular on two things, the first is the fact that it was a ritual to watch at least one movie a day at home. So, very quickly, I was able to see a lot of important films, of the seventh art, quite simply. And the second thing is that since both my parents are directors, I needed to detach myself, at some point as a teenager, from that.

There was no musician in the family and I chose to take on the role of musician, because I am a musician before being an actor. And regardless of their wanting and their desire, they made a musician out of me. By detaching myself from them, I wanted to become what they were not, because the lead screed was still quite heavy to carry.


You’re also an actor… What are your recent projects?


There, at the moment, I'm on a project called Suprêmes, which was presented at the Cannes Film Festival. It's a project on the youth of the NTM group in the 90s. I play a man who was the first manager of NTM, who is called Franck Chevallier, and who later became my manager. Which is quite funny. We met after the shoot, we really hooked up. We decided to work together.


Are you a cinema lover? Who are your favourite directors?


Yes, of course, I am a movie lover. I grew up between extremely sharp films and the mainstream. So I'm an absolute fan of George Lucas and Peter Jackson, but also Tarkovsky, Bergman. Kubrick is a a filmmaker who brings the two worlds together a little. I'm a fan of Ridley Scott with movies like Blade Runner. I love science fiction. But also...

Really, I cannot tell you, there are so many films that have inspired me and that have given me something. I have no specific director. But... I could say Terrence Malick. Terrence Malick opened my eyes to a lot of things. But hey, also Martin Scorsese, more recently Christopher Nolan. There are so many. There are so many directors who have inspired me in general.


Paris is the capital of arts, of creativity. Can you say you’re a typical Parisian?


I don't know if I'm a Parisian, but in any case, I like going to the café terraces.


And what about fashion?


The interesting thing I can say is that my last single, «33», and my next single, «Photobooth», the music videos were suppotted by Saint Laurent. They made the costumes. It's more or less that, my link with fashion. And then, Saint Laurent dressed me for Cannes. I am not very versed in mode. It's not really my world.

But yes, obviously, I am a minimum sensitive to it since at the moment, it is nevertheless an art which rallies a lot of people. Beyond that, it really helps musical artists, cinema artists too, to be discovered by dressing them, highlighting them, exhibiting them, more than any advertising can do. So yeah, I think it's an important universe for our genres.


What are your plans for the nearest future?


For the future, normally, I'm doing an English-American series that I can't tell you about, which name I will be able to tell you at the end of the summer. And then, I'm going to release my album in November-December. And maybe a few weeks tour of Los Angeles.


This or that:


01. To speak or to be silent? To speak, obviously. But it depends on the moment. At the same time, I need a lot of silence to regenerate myself because I tend to talk a little too much.


02. To go out or to stay at home? Both, once again. It's like talking and being silent. In other words, if I don't go out, I'm bored, and I start to panic because... It's normal, I'm adult enough to be afraid of loneliness. And at the same time, if I don't have my moments alone at home, I also feel bad because I feel drained and drained of external energies.


03. Books or films? Film. I'm more for the films, although I can read at least one book every three weeks. And there are a lot of books that have really transported me more than movies. But in general, I am for a film.


04. Strong or soft drinks? I like beer very much. So rather soft.


05. Big city or nature? That's a bit of a tricky question because I'm still a city citizen, but at the same time, without nature, at my age, I think I would have a heart attack. So again, a bit of both. Hard to make a choice.


06. Present or past? The present, of course. The present. The past is interesting to work with, to be inspired by, to create about. But it's the present that counts, it's the choices we make now.


07. Blockbusters or cinema d’auteur? I can't choose that. Once again, I'm a huge fan of Star Wars and The Lord of the Rings. And at the same time, when I was 10 years old, I saw Bergman's Persona for the first time and it slapped me.


08. Happiness or calmness? Good question, that. It's interesting. I think "calmness" is inner peace, it's important...

And at the same time, it is the strong sensations, it is the strong emotions that give us the greatest pleasure in life. So again, both.


Thank you very much, César, for the very interesting answers!

Thank you, see you soon.


Interview: Julia Sumzina

Photos: Clement PJ Schneider, Philip Gay, Octave de Bascher, Adrien deVillette

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